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Drôle de campagne

samedi 18 mars 2017

© Ch. Tricoit. Bus 129, 4 (2009).

On voit de tout dans cette campagne pour la présidentielle de 2017 où la mauvaise foi le dispute à la tartuferie et où la culture tient si peu de place.

Jean-Luc Mélenchon n’a pas l’air de vouloir s’allier à Benoît Hamon pour faire barrage au FN.
Manuel Valls, qui avait déjà lâché François Hollande, ne soutiendra pas non plus Benoît Hamon, vainqueur de la primaire socialiste, non plus que Ségolène Royal1 et Bertrand Delanoë, pour ne citer qu’eux, qui joueront [sans doute] Emmanuel Macron.

Emmanuel Macron2 continue de grimper dans les sondages. Il est visé par ailleurs par l’ONG Anticor.

François Fillon. Pas un jour sans une nouvelle révélation. Vainqueur de la primaire, il a été mis en examen le 14 mars pour « détournement de fonds publics », entre autres. En 2016, il parlait d’irréprochabilité et déclarait, début 2017, qu’il ne serait pas candidat s’il devait être mis en examen. Attaqué, il a joué l’accusation (les médias, les juges), la victimisation, ratissant toujours plus à l’extrême droite, s’en prenant même aux « voyous »3. Pendant ce temps des sarkozystes se ralliaient, se désalliaient, se re-ralliaient4 à lui, avec Nicolas Sarkozy dans la coulisse.
Effet Tefal : François Fillon a été applaudi le 5 mars, place du Trocadéro, par ses partisans. Requinqué et toujours aussi cynique, il envisage, s’il est élu, de soumettre les ministres à un code de bonne conduite.

FN. Quant à la dangereuse famille peroxydée, le père vient de parrainer la fille candidate, qui l’avait pourtant mis au placard et qui sera sans doute elle-même dégagée plus tard par la nièce, qui attend son heure. La fille a le vent en poupe, lève l’index comme Trump et arbore parfois une étole et un sac à main à la manière de la patronne du FMI.
La justice s’intéresse aux deux premiers, chantres de l’anti-système alors qu’ils sont dans le système [...].

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1. Ministre de l’Écologie, de l’Énergie et de la Mer, à qui l’on doit le « très coûteux » abandon de l’écotaxe, dixit la Cour des comptes, soit 9,83 milliards d’euros pour les contribuables entre 2014 et 2024.
2. Une image caricaturant Emmanuel Macron et ses soutiens publiée sur le compte Twitter des Républicains et rappelant la propagande nazie a ensuite été retirée à la suite de nombreuses protestations,
3. « C’est celui qui dit qui y est. » On n’excuse cependant pas ici la poignée de mineurs casseurs qui s’en sont pris au lycée Suger, à Saint-Denis le 7 mars 2017.
4. Illustrant cet effet de girouette, une chaîne télévisée a récemment diffusé un extrait des Vacances de M. Hulot, de Jacques Tati (scène de la gare).