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Vie imaginaire de María Molina de Fuente Vaqueros (extrait) - Samaël Steiner

mercredi 15 avril 2015

VIE IMAGINAIRE DE MARIA MOLINA DE FUENTE VAQUEROS

(Extrait)

2.

Je retrouve Raúl au café surplombant la route,
Barranco de los Negros, Sacromonte.
Il est incroyablement beau,
a le nez anguleux comme un annulaire,
son corps est, je le jure, d’air et d’os,
la peau et le sang n’y ont qu’un rôle secondaire.
Il me raconte l’histoire du footballeur débarqué de son île malaise à 8 ans
emmuré vivant à 9 parce que son ballon venait taper contre les murs et les trottoirs de la rue.
« Vous êtes morts ? » il demande en traversant les rues
personne ne le comprend et personne pour parler.
Il voudrait être ému et on lui a dit :
« Passé les premiers temps tu entendras les rues se donner de l’altitude,
les voitures, les bus, la foule sur les marchés,
les métros sous la ville qui font trembler les écoles quand ils passent.
Les vivants fuient toujours le silence ».
Rien. Le vertige des hauteurs, à 8 ans.
Alors il lance son ballon, contre les murs, contre les bus, contre les vitrines qui parfois se brisent.
Infatigable, il shoote !

Samaël Steiner

Passage d’encres III - n° 4 - 2e trimestre 2015 - issn en attente.