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3. Poèmes - Hafsa Saifi

jeudi 26 mars 2015

3. Passage d’encres III - 1er trimestre 2014 - issn en attente.

POÈMES

Texte 01

À Sarah de Baticic

Un vent de folie
Arrive
Sur nos rives
Avec une saison nouvelle
Qui mélange
La terre et le ciel

Notre peuple souffre
De langage
Son souffle siffle
Une musique étrange

Ailleurs ils l’entendent
Et l’aiment aveuglement

Le jour est là
Ses yeux posés sur nous

Dans le vertige
On voit le joug partir
Sur la digue

Soupire le roi
Se murent les ombromanes
Avec chèvres et boucs
Leurs animaux favoris

Combien de temps
Vont-ils tenir
On sait ce qu’ils peuvent penser
Qui ne peut être dit

*
Texte 05

Midi dure amère
Le figuier penché
À fleur de terre
Boit
Son ombre
Un petit village
Origine du monde
Moitié réel
Moitié imaginaire
Ou chacun d’entre nous
Est un arbre
Un bandit
Avec son masque de folie
Mué en serpent
Franchissant
Les barbelés
Pour seulement
Faire connaître
Notre contrée de Berbères
Et revenir adulte
À la belle saison

De l’autre côté
Les Carthaginois de plus en plus gais
Dansent sur la grève
Avec l’enthousiasme retrouvé
À n’en pas douter, chez eux
Le printemps est bien en avance

*
Texte 08

Le vent

À la dérive
Souffle
Sur nos rives
De sommeil
Il faut nous réveiller
Et crier Dégage
C’est le nouvel ordre
Né au cœur d’octobre
Pas une minute à perdre
Cette révolution qui voyage
On l’a tellement voulue
Attendue et maintes fois
Rêvée sans prier le hasard
Mais elle a fondu au soleil
Après brutalité
Et affrontement
Elle avorta
Et le peuple s’en émut
Que des ténèbres ressuscita
Un pharaon tout cruel et trop hardi
Aux épaules voûtées de misère
D’emblée il excella par son zèle
En foulant à ses pieds les tendres livres
En sacrifiant pour l’histoire
Contestataires et idéaux sociaux
Avec un art de guerre
Qui n’a vraiment de sens
Morsi se glorifie-il
De lui avoir donné un tambour
Pour apprendre à taper
Dès le premier jour
Il se voit le nier
Et l’interdit de séjour
Mais on sait notre destin
Est plus grand que son malheureux présent
Ô Sissi tu ne peux sortir de ta bulle
Toute une vie n’est pas assez
Pour convaincre les démons
De te rejoindre

Toute une vie n’est pas assez
Pour te retourner
Allez par scrupule regrette

Ce que tu fais,

Et capitule

Comme ça les hyènes au-dessus de nos têtes

Cesseront de danser

Où la barbarie commence
Plus qu’une croisade

Hafsa Saïfi

*
Malgré deux envois successifs de ses exemplaires d’auteur en recommandé avec A/R, Hafsa Saïfi n’a jamais reçu ses exemplaires d’auteur (NDÉ).